Léo Phiv, aussi connu sous le nom de Léo La Quenotte (il est dentiste) nous héberge donc et prend soin de nous. En bon chinois, il nous fait visiter je-ne-sais-combien de restaurants, ayant tous leur spécialité : méduses et œufs de 100 ans, utérus de porc, bouillie de riz, ... Il est tellement calé sur le sujet qu’il a écrit un petit guide gastronomique chinois dans un journal local.

La légende veut qu’une jeune femme ait un jour trouvé un coffret en bois contenant 3 statues de Bouddha flottant sur la rivière. Elle les récupère et les dispose sur une montagne. Autour de ces 3 Bouddhas se forme une cité. Cette jeune fille s’appelait Penh, et Phnom Penh signifie montagne en khmer. La montagne de Penh.

Musee

Plusieurs marchés sont disséminés à travers la ville. Le Psar Thmei (marché central) se trouve à 2 pas de chez Léo. Un vieux bâtiment qui malgré sa décrépitude reste très beau et intéressant. Il y a plus de marchands à l’extérieur qu’à l’intérieur du marché couvert. Bijoux, montres, iPod, vêtements, artisanat, on y trouve à peu après tout. Et bien entendu, quelques mendiants, comme partout dans la ville.
Le “marché russe” vaut aussi le détour. En bien moins bon état que le Psar Thmei, on manque de craquer sur plusieurs sculptures de tête de Bouddha ou du roi Javayarman VII. Mais bon, ça pèserait bien lourd dans nos sacs.

D’autres têtes de Javayarman, autrement plus précieuses et anciennes sont exposées au musée national. Une magnifique bâtisse entièrement rouge, carré avec un petit jardin en sson centre abrite une énorme collection de sculptures, poteries et objets courants. Les collections sont articulées autour de 2 périodes : la périodes pré-angkorienne, et la période post-angkorienne. Nous qui ne sommes d’habitude pas trop branchés musée, on apprécie beaucoup celui-ci.

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Un autre musée, tristement surnommé le musée des horreurs, l’école de Tuol Sleng, qui fût transformée par les Khmers Rouges en “camp de sécurité”, le S-21. La visite n’est pas très joyeuse, comme on peut l’imaginer. Certaines salles de classe ont été utilisées pour des interrogatoires. On y voit des sommiers en métal où les prisonniers étaient attachés et torturés. Au mûr, on peut voir des photos de prisonniers ensanglantés, attachés au sommier ou inconscient (mort ?) face contre terre. Sur le sol en carrelage ocre, on peut encore voir les tâches sombres des flaques de sang.
D’autres salles de classe servaient de lieu de détention. Les barbelés au fenêtres pour éviter que les prisonniers ne se suicident, la corde raide pour le sport qui se transforme en potence, le pot d’eau rance qui servait à faire reprendre conscience aux prisonniers évanouis. Tout ceci est resté en l’état. Consciemment ou non, les visiteurs commencent à trainer les pieds, avancement lentement, presque cérémonieusement, comme si le poids des atrocités commises ici leur pesait sur les épaules.
Une autre salle est entièrement dédiée à des portraits, photographies en noir et blanc des prisonniers que les Khmers Rouges prenaient d’eux avant de les exécuter. On y voit des visages hagards, effrayés, perdus, certains avec des yeux au beurre noir, des lèvres fendues, stigmates de la cruauté de leurs geôliers. Enfants, vieillards, hommes et femmes. Certains trouvent encore la force d’esquisser ce qui se rapproche d’un sourire.
On est sorti de là vraiment choqués. Les questions que l’on se pose sur cette page de l’histoire cambodgienne ont trouvé certaines de leurs réponses dans des livres comme “Le Portail” et “D’abord Ils Ont Tué Mon Père”. Cette page de l’histoire n’est pas très ancienne. Les Khmers Rouges ont été au pouvoir entre 1975 et 1979, massacrant près de 40% de la population du pays, par les armes, la torture ou la faim.

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Dans un registre un peu plus léger et coloré, il y a le plais royal. Moins impressionnant que le Prah Keoh de Bangkok, mais ça reste tout de même un palais royal, et c’est grandiose. L’architecture est typiquement khmère. De hauts toits pointus, surmontés de têtes à 4 visages, ou de ces formes que l’ont retrouve partout à Angkor, ressemblant très grossièrement à la forme d’un ananas surmontée d’une pointe.
Un pavillon frappé du symbole de Napoléon III est perdu dans ce dédale de temples et pagodes. Il a été offert par Napoléon III au roi du Cambodge.
Une statue de Napoléon III, justement, trône devant la pagode d’argent, la selle elle aussi frappé du symbole de l’empereur français. Le roi de l’époque s appelait Norodom, et il a gardé la statue de Napoléon sur son cheval et y a mis sa tête à lui. La tête originale, celle de Napoléon, fût rapatriée en France.

Un jour, un ami de Léo, de Hong Kong, vient à Phnom Penh. Il lui propose un weekend à Sihanoukville, sur la côte. Léo lui dit qu’il a 2 invités, et il lui répond que nous seront les siens, Léo, Céline et moi pour le reste du weekend. Bus, hôtel (palace avec casino), déplacement, nourriture, fruits de mers, tout ça au frais de la princesse, qui cette fois-ci a revêtu les traits d’un businessman de Hong Kong. Bien qu’il pleuve tout le temps, on aura passé un bon moment.
Pendant le trajet du retour, une tourista de derrière les fagots me prends, et je suis malade comme un chien pendant 3 jours. Déjà que j’étais pas bien gras ...

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Au lycée Descartes, en la personne de la directrice du primaire, Mme Delpech, on trouve une oreille attentive et un volonté de nous aider dans notre projet Water Box. Ayant été malade, nous n’avons pu aller à sa rencontre que peu de tmeps avant de partir. Elle a été très enthousiaste et le lendemain matin, elle a réuni tous les profs susceptibles d’être intéressés, et le projet rentrera dans le cadre d’un travail sur l’environnement que font les élèves et les professeurs en ce moment.