OK, Phnom Penh c’est sympa, mais les grandes villes ont tendance à nous lasser rapidement. On préfère la campagne, comme Kampot, par exemple.

Environ 150km de Phnom Penh, soit 5 heures de bus. Oui oui, 30km/h de moyenne, alors que la route est plutôt bonne, pour une route cambodgienne. Mais on a ce qu’on cherchait. Une petite ville calme au bord de la rivière, avec une superbe vue sur les montagnes environnantes. Dans une de ces montagnes, justement, se trouve Bokor Hill Station, un ancien lieu de villégiature pour les français installés au Cambodge, avec casinos, hôtels et restaurants. Bokor se situe dans un parc national, et la route qui y grimpe est en réparation. Le seul moyen de s’y rendre, c’est d’y aller à pieds, en coupant le plus possible par la forêt. La route est longue et pentue, nous menant à 1079m d’altitude. Et pour grimper, ça grimpe. Dans la jungle, on avance vite mais on s’arrête souvent. L’humidité est oppressante, et au moindre mouvement, chacun perd des litres de sueur. Plusieurs cours d’eau nous servent à nous rafraîchir sur la route. Les derniers kilomètres se font sur la route, ce qui n’offre pas grand intérêt, si ce n’est marcher pour marcher. On s’arrête tout de même dans ce qui reste du Black Palace (le palais noir) du roi Sihanouk, qui maintenant est en ruine.

 

Une fois au sommet, il nous reste quelques heures de jour pour profiter de la ville fantôme. Mis à part les rangers et les quelques ouvriers présents ici, ce qui reste de la ville est vide d’habitants. Le casino, le grand hôtel, la poste, l’église, tout est à l’abandon. Sous le régime Khmers Rouges, l’église servait de prison, et le haut de la falaise derrière la poste, qui offre une vue splendide sur la vallée, servait de lieu d’exécution. Les condamnés étaient jeté dans le vide, une des manière que les tortionnaires avaient trouves pour économiser les balles de fusil. Certaines façades, pourtant, portent les traces d’impacts de balles.

Une mousse rougeâtre recouvre chaque pan de mûr encore debout, ce qui donne un aspect mystique à cet endroit.

Kampot

 

Le lendemain matin, on redescend par la même route, mais ca va un peu plus vite. Epuisés après ces 2 jours de marche, 50km et 12 ou 13 heures au total, on se croyait au bout de nos surprise. C’était sans compter sur le pick up qui s’est embourbé dans une énorme flaque d’eau et qu’il a fallu pousser. Crevés, on s’écroule de fatigue à notre retour à Kampot,

 

Pour ne pas trop tirer sur les jambes, le jour suivant, on se loue une moto pour visiter les grottes et les plantations de poivre de la région. Il paraît que le poivre de Kampot est réputé et vendu à prix d’or chez Fauchon.