18 mars 2008
Drapeau
Interprétation :
Bandes bleues horizontales : roi
Bande rouge horizontale : nation
Temple blanc à trois tours au centre : religion
Carte
20 mars 2008
Quelques données
Capitale : Phnom Penh
Superficie : 181 040 km2
Pays limitrophes :
Thailande
Viêt Nam
Laos
Climat : tropical, mousson
Meilleure saison pour voyager : décembre et janvier
Population : 13 995 904
Groupes ethniques : Khmer 90%, Vietnamiens 5%, Chinois 1%, autres 4%
Langues : khmer (officielle), français, anglais
Religions : Bouddhiste Theravada 95%, autres 5%
Monnaie :Riel (KHR), 1 EUR = 6 151.72 KHR
Type de Gouvernement : Monarchie parlementaire
Devise nationale : "Nation, Religion, Roi."
Fête nationale : 9 novembre (indépendance)
10 octobre 2008
Strong Treng
Bienvenue au Cambodge. Bon, Strong Treng n’est pas la meilleure ville pour découvrir ce pays. C’est petit, pas grand chose à y faire, et c’est surtout très sale, avec des poubelles qui jonchent le sol partout.
On ne traine pas et on se met à la recherche d’un moyen de transport pour aller dans le Ratanakiri, dans le nord-ouest du pays, à Ban Long. Pas de bus, pas de pick up ... il reste le taxi. Une berline (Toyota Camry, berline classique) où on peut faire tenir 8 personnes : 4 devant, 4 derrière ! Le chauffeur est assis sur les genoux d’un passager.
La route, si on peut utiliser le mot route, la piste en terre serait plus approprié, est longue et peu agréable. Ca saute, ça glisse, c’est étroit et on croise du monde, mais ça n empêche pas le chauffeur de rouler à fond.
4 heures de routes et quelques dérapages très incontrôlés plus tard, nous arrivons à Ban Long
11 octobre 2008
Ban Long - Ratanakiri
Le mieux à Ban Long c’est e louer une moto et de suivre un guide. Le premier jour, Steven, un guide qui parle très bien anglais nous conduit à 35 km de la ville, sur une piste défoncée où on manque de coucher la moto plus d’une fois, pour voir des mines de pierres précieuses.
Une centaine de personnes s’activent autour de trous verticaux creusés dans le sol, sous des bâches pour se protéger de la chaleur, et charrient des seaux de terre où il chercheront les pierres.
Les trous sont profonds d’une dizaine de mètres, larges d’un mètre environ, et sont creusés dans cette terre rouge si typique du Cambodge et du Laos. Ils y descendent grâce à des trous creusés le long du trou qui servent d’échelle, et le seau est envoyé au fond et remonté grâce à un palan en bambou.
Alexandro, un espagnol qui nous accompagne et moi sommes descendus au fond d’un de ces trous (à croire que mon vertige commence à s’estomper). Le fond est haut d’un mètre, tout au plus, circulaire, environ 4 ou 5 mètres de diamètre, et très sombre et humide. Alexandro trouve 3 petits cailloux, moi, rien. La pêche est mauvaise.
Autre moment intéressant, la baignade dans un lac situé dans un cratère. L’eau y est claire, chaude, et le coin est superbe. Cependant, quand on voit un serpent qui nage tranquillement à la surface de l’eau, on se dépêche de sortir.
Le problème de Ban Long est un peu le même qu’à Strong Treng, les ordures sont omniprésentes. Le marché est l’endroit le plus crade et malodorant qu’on n’ait vu jusque là. On apprendra plus tard que tout le monde jète ses poubelles dans la rue tout au long de la journée, sous la chaleur moite, et qu’elles seront ramassées dans la nuit, après avoir macérées toute la journée.
14 octobre 2008
Kratie
Kratie est une petite ville plutôt
sympathique située au bord du Mékong.
Pour une fois, il y a des choses à visiter
à portée de vélo. Il suffit d’embarquer sur un petit bateau qui nous fait
traverser la rivière pour nous déposer sur une petite île, un long banc de
sable, Koh Trong. Impossible de s’y perdre, il n’y a qu’un seul chemin qui fait
le tour de l’île.
On y voit un homme qui pile une fine poudre blanche. On s’approche pour regarder ce qu’il fait : il pile du riz. Ensuite, il mélangera son mélange avec de l’eau, et il mettra la mixture dans un récipient à fond troué. Grâce à un gros bout de bois articulé à une extrémité, il fera bras de levier pour presser le mélange dans le récipient troué, pour le forcer à sortir par ces trous, ce qui donnera des pâtes de riz. On se couchera moins cons ce soir, maintenant on sait comment c’est fait.
Partout sur l’île on voit des gens couper des
sections de cœurs de bambou en demi tube, dans lequel ils disposent un autre
demi tube plus petit où is placent une pâte noirâtre. Plus loin, on verra des
enfants décorer ces tubes, qui sont en fait des petites embarcations, et la
pâte noire est un combustible. Des fleurs et des feuilles de palmier décorent
le tout.
Le soir, depuis Kratie, on pourra
apercevoir des centaines de petites embarcations comme celle-ci, illuminées,
qui flottent sur la rivière, ainsi que 2 ou 3 lanternes qui s'envolent doucement,
comme lors de la fête es lanternes à Taiwan. C’est comme cela qu’ils fêtent la
fin de la saison des pluies.
Un petit village flottant semble
s’accrocher sur la rive de l’île, des maisons à fond plat, reliées à Koh Trong
par des petites passerelles qui les empêchent de dériver.
A une trentaine de kilomètres au nord de
la ville se trouve le temple au 100 piliers, Sambor. C’est le premier wat khmer
que nous voyons depuis Angkor, et on retrouve certaines similitudes dans le
style, totalement différent des wats du Laos et de la Thailande. Son nom lui
vient des colonnes qui parsèment le jardin du temple, rouges et blanches, et
qui, étrangement, ne supportent rien. Sont juste plantées là comme des mâts.
L’énorme stuppa en or, sur flanc nord du wat est plus impressionnante que le
wat e lui-même, bien ue plus petite. Un sorte de grosse cloche dorée, surmontée
d’une flêche pointée vers le ciel.
Au retour du temple, on fait une pause
pour embarquer sur un petit bateau qui nous promène un peu sur le Mékong pour
voir les dauphins Irrawadi, des dauphins d’eau douce, dont la tête est très
différente des dauphins “classiques”, une tête toute ronde, sans museau. La
couleur du Mékong et le fait qu’ils soient peureux fait qu’on ne les aperçoit
jamais entièrement, mais tout de même, ils sont beaux.
Les cambodgiens les chassaient à la dynamite il y a encore peu de temps, et il n en reste plus maintenant que 75 environ.
16 octobre 2008
Sen Monorom - Mondulkiri
Au premier abord, je me disais que la route pour rejoindre Sen Monorom était meilleure que celle pour Ban Long. J’ai vite changé d’avis quand, à une quinzaine de kilomètres de l’arrivée, la route disparaît sous une quantité monstrueuse de boue. On ne voit que les traces profondes des énormes camions qui sont en train de refaire la piste. Le chauffeur n’a pas l’air d’avoir remarqué ce changement de conditions, il ne relâche pas la pression sur l’accélérateur et on est parti dans cette mer de boue. Le pick up tangue, hurle, à fond de première, fume, patine, recule presque autant qu’il avance, et finalement, on passe cette pente plutôt sévère où on se voyait déjà pousser le camion pour pouvoir arriver à bon port.
A une vingtaine de kilomètres de Sen
Monorom se trouve la plus grosse cascade du pays. Tiens, c’est amusant de voir
qu’on a visité plusieurs villes dans plusieurs pays qui assuraient avoir le
plus ceci du pays, ou un des plus cela de pays.
OK, la cascade est grosse et débite, mais
elle me paraît un peu petite pour être la plus grosse du Cambodge. C’est en
fait un enchainement de 2 cascades, mais on ne peut pas descendre aux pieds de
la deuxième, il aurait fallu traverser le cours d’eau, trop haut pour
l’instant.
Avec Régis et Lauren, 2 français que nous avons rencontré dans le pick up, ce que nous retiendrons le plus de cette visite ne sera pas la chute, mais le chemin pour y aller. Les pistes en terre sont glissantes, poussiéreuses, caillouteuses, et quand on ne glisse pas, on dérape. En plus, notre moto semble avoir un léger problème : la roue arrière doit être désaxée, cce qui fait que même sur les portions correctes, la roue chasse. Et dan sla dernière pente, on décide de laisser les motos et de finir à pieds ; et même a pieds c’est casse gueule. Mais malgré tout, en moto ou en tongues, on arrive à garder les fesse hors de la boue, malgré quelques frayeurs.
Après la cascade, on grimpe au sommet
d’une colline pour avoir une belle vue de la région. Là, la route est en
réfection, et est recouverte de petites pierres (ou énormes graviers, au
choix), très glissant, sur la pente raide. Décidément, c’est pas de tout repos
de conduire ces petites motos ici.
Pour finir la journée moto, on tente le sauna au Nature Lodge, une guest house en dehors de la ville. La journée était presque fini, on s’en tirait pas trop mal, mais la route glissante a eu raison de nous, finalement. Une portion terreuse, en pente légère, un coup d’accélérateur un peu trop brutal en première, et on se plante lamentablement, à 10 km/h ... Je tente de retenir la moto avec le genou pour ne pas qu’elle tombe sur Céline. Et bien sûr, je me nique le genou ... Et là, un grand coup de ras le bol. Une moto défaillante, des pistes impraticables, le temps pluvieux, j’aurais bien envie de balancer la moto dans un ravin.
Les jours suivants sont plus tranquilles, avec des petites balades sur les collines environnantes, des cascdes, en ville. Après la course qu’a été la fin du Laos, ça fait du bien de prendre un peu son temps.
21 octobre 2008
Phnom Penh
Léo Phiv, aussi connu sous le nom de Léo La Quenotte (il est dentiste) nous héberge donc et prend soin de nous. En bon chinois, il nous fait visiter je-ne-sais-combien de restaurants, ayant tous leur spécialité : méduses et œufs de 100 ans, utérus de porc, bouillie de riz, ... Il est tellement calé sur le sujet qu’il a écrit un petit guide gastronomique chinois dans un journal local.
La légende veut qu’une jeune femme ait un jour trouvé un coffret en bois contenant 3 statues de Bouddha flottant sur la rivière. Elle les récupère et les dispose sur une montagne. Autour de ces 3 Bouddhas se forme une cité. Cette jeune fille s’appelait Penh, et Phnom Penh signifie montagne en khmer. La montagne de Penh.
Plusieurs marchés sont disséminés à travers la ville. Le Psar Thmei (marché central) se trouve à 2 pas de chez Léo. Un vieux bâtiment qui malgré sa décrépitude reste très beau et intéressant. Il y a plus de marchands à l’extérieur qu’à l’intérieur du marché couvert. Bijoux, montres, iPod, vêtements, artisanat, on y trouve à peu après tout. Et bien entendu, quelques mendiants, comme partout dans la ville.
Le “marché russe” vaut aussi le détour. En bien moins bon état que le Psar Thmei, on manque de craquer sur plusieurs sculptures de tête de Bouddha ou du roi Javayarman VII. Mais bon, ça pèserait bien lourd dans nos sacs.
D’autres têtes de Javayarman, autrement plus précieuses et anciennes sont exposées au musée national. Une magnifique bâtisse entièrement rouge, carré avec un petit jardin en sson centre abrite une énorme collection de sculptures, poteries et objets courants. Les collections sont articulées autour de 2 périodes : la périodes pré-angkorienne, et la période post-angkorienne. Nous qui ne sommes d’habitude pas trop branchés musée, on apprécie beaucoup celui-ci.
Un autre musée, tristement surnommé le musée des horreurs, l’école de Tuol Sleng, qui fût transformée par les Khmers Rouges en “camp de sécurité”, le S-21. La visite n’est pas très joyeuse, comme on peut l’imaginer. Certaines salles de classe ont été utilisées pour des interrogatoires. On y voit des sommiers en métal où les prisonniers étaient attachés et torturés. Au mûr, on peut voir des photos de prisonniers ensanglantés, attachés au sommier ou inconscient (mort ?) face contre terre. Sur le sol en carrelage ocre, on peut encore voir les tâches sombres des flaques de sang.
D’autres salles de classe servaient de lieu de détention. Les barbelés au fenêtres pour éviter que les prisonniers ne se suicident, la corde raide pour le sport qui se transforme en potence, le pot d’eau rance qui servait à faire reprendre conscience aux prisonniers évanouis. Tout ceci est resté en l’état. Consciemment ou non, les visiteurs commencent à trainer les pieds, avancement lentement, presque cérémonieusement, comme si le poids des atrocités commises ici leur pesait sur les épaules.
Une autre salle est entièrement dédiée à des portraits, photographies en noir et blanc des prisonniers que les Khmers Rouges prenaient d’eux avant de les exécuter. On y voit des visages hagards, effrayés, perdus, certains avec des yeux au beurre noir, des lèvres fendues, stigmates de la cruauté de leurs geôliers. Enfants, vieillards, hommes et femmes. Certains trouvent encore la force d’esquisser ce qui se rapproche d’un sourire.
On est sorti de là vraiment choqués. Les questions que l’on se pose sur cette page de l’histoire cambodgienne ont trouvé certaines de leurs réponses dans des livres comme “Le Portail” et “D’abord Ils Ont Tué Mon Père”.
Cette page de l’histoire n’est pas très ancienne. Les Khmers Rouges ont été au pouvoir entre 1975 et 1979, massacrant près de 40% de la population du pays, par les armes, la torture ou la faim.
Dans un registre un peu plus léger et coloré, il y a le plais royal. Moins impressionnant que le Prah Keoh de Bangkok, mais ça reste tout de même un palais royal, et c’est grandiose. L’architecture est typiquement khmère. De hauts toits pointus, surmontés de têtes à 4 visages, ou de ces formes que l’ont retrouve partout à Angkor, ressemblant très grossièrement à la forme d’un ananas surmontée d’une pointe.
Un pavillon frappé du symbole de Napoléon III est perdu dans ce dédale de temples et pagodes. Il a été offert par Napoléon III au roi du Cambodge.
Une statue de Napoléon III, justement, trône devant la pagode d’argent, la selle elle aussi frappé du symbole de l’empereur français. Le roi de l’époque s appelait Norodom, et il a gardé la statue de Napoléon sur son cheval et y a mis sa tête à lui. La tête originale, celle de Napoléon, fût rapatriée en France.
Un jour, un ami de Léo, de Hong Kong, vient à Phnom Penh. Il lui propose un weekend à Sihanoukville, sur la côte. Léo lui dit qu’il a 2 invités, et il lui répond que nous seront les siens, Léo, Céline et moi pour le reste du weekend. Bus, hôtel (palace avec casino), déplacement, nourriture, fruits de mers, tout ça au frais de la princesse, qui cette fois-ci a revêtu les traits d’un businessman de Hong Kong. Bien qu’il pleuve tout le temps, on aura passé un bon moment.
Pendant le trajet du retour, une tourista de derrière les fagots me prends, et je suis malade comme un chien pendant 3 jours. Déjà que j’étais pas bien gras ...
Au lycée Descartes, en la personne de la directrice du primaire, Mme Delpech, on trouve une oreille attentive et un volonté de nous aider dans notre projet Water Box. Ayant été malade, nous n’avons pu aller à sa rencontre que peu de tmeps avant de partir. Elle a été très enthousiaste et le lendemain matin, elle a réuni tous les profs susceptibles d’être intéressés, et le projet rentrera dans le cadre d’un travail sur l’environnement que font les élèves et les professeurs en ce moment.
23 octobre 2008
Boeuf Lok Lak et sa légende

Légende :
Le Beef Lok Lak est l'adaptation d'un plat français à la cambodgienne. Un jour, un riche khmer qui avait entendu parler du steak-frites demanda à ce qu'on lui serve ce célèbre plat dans un restaurant. On lui apporta son steak en une pièce comme il se doit. A la vue du gros morceau, le riche khmer s'exclama : "Vous vous fouttez de moi ? Dois-je couper ma viande moi même ?" Après quoi, on lui apporta son steak coupé en petits morceaux.
Ingrédients :
- 150g de viande de boeuf taillée en dés
- 1 cuiller à café de sucre
- ½ cuiller à café de glutamate (optionel)
- 1 cuiller à café de sauce d’huître
- 4 cuillers à café d’huile
- 1 cuiller à café de piment (en bouteille, piment thaï par exemple)
- 1 cuiller à café de poivre noir concassé
- 6 gousses d’ail émincées
- 1 cuiller à café de sauce tomate
- 100ml d’eau, à rajouter à intervalles réguliers pour éviter que les aliments ne brûlent
Légumes :
- 50g haricots verts, coupés en morceaux de 3 cm
- 1 petite tomate, émincée pas trop fin
- ½ oignon émincé
- quelques feuilles de salade verte
- 1 concombre tranché
Sauce au poivre
- 1 cuiller à café de poivre
- 1 cuiller à café de vinaigre, ou mieux, 2 cuillers à café de citron pressé
- ½ cuiller à café de sel
- ½ cuiller à café de sucre
- 2 cuillers à café d’ail écrasé
- 4 cuillers à café d’eau, chaude ou froide, au choix
Méthode de préparation :
Mélanger la viande à la sauce d’huître, la sauce tomate, le poivre noir et le sucre. Mettre de côté Mettre l’huile dans un wok ou une poêle à feu vif. Y ajouter l’ail jusqu’à ce qu’il devienne doré. Ensuite, ajouter de l’eau et la viande et faire sauter pendant 2 minutes. Ajouter la sauce pimentée et faire sauter pendant quelques secondes. Servir avec les légumes. On peut aussi rajouté un œuf sur le plat au dessus du tout.
Note : Il est possible de remplacer le bœuf par du porc ou du poulet. Les ingrédients doivent être mélangés au moins 2 minutes avant de passer au wok. Habituellement, le lok lak s’accompagne de frites. Pour avoir de bonnes frites, les pommes de terre doivent être épluchées et plongées dans de l’eau glacée pendant au moins 5 minutes avant de passer à la friteuse. Les pommes de terres doivent être complètement sèches. On peut aussi remplacer les frites par du riz.
01 novembre 2008
Kampot - Bokor Hill Station
OK, Phnom Penh c’est sympa, mais les
grandes villes ont tendance à nous lasser rapidement. On préfère la campagne,
comme Kampot, par exemple.
Environ 150km de Phnom Penh, soit 5 heures
de bus. Oui oui, 30km/h de moyenne, alors que la route est plutôt bonne, pour
une route cambodgienne. Mais on a ce qu’on cherchait. Une petite ville calme au
bord de la rivière, avec une superbe vue sur les montagnes environnantes. Dans une
de ces montagnes, justement, se trouve Bokor Hill Station, un ancien lieu de
villégiature pour les français installés au Cambodge, avec casinos, hôtels et
restaurants. Bokor se situe dans un parc national, et la route qui y grimpe est
en réparation. Le seul moyen de s’y rendre, c’est d’y aller à pieds, en coupant
le plus possible par la forêt. La route est longue et pentue, nous menant à
1079m d’altitude. Et pour grimper, ça grimpe. Dans la jungle, on avance vite
mais on s’arrête souvent. L’humidité est oppressante, et au moindre mouvement,
chacun perd des litres de sueur. Plusieurs cours d’eau nous servent à nous
rafraîchir sur la route. Les derniers kilomètres se font sur la route, ce qui
n’offre pas grand intérêt, si ce n’est marcher pour marcher. On s’arrête tout
de même dans ce qui reste du Black Palace (le palais noir) du roi Sihanouk, qui
maintenant est en ruine.
Une fois au sommet, il nous reste quelques
heures de jour pour profiter de la ville fantôme. Mis à part les rangers et les
quelques ouvriers présents ici, ce qui reste de la ville est vide d’habitants.
Le casino, le grand hôtel, la poste, l’église, tout est à l’abandon. Sous le
régime Khmers Rouges, l’église servait de prison, et le haut de la falaise
derrière la poste, qui offre une vue splendide sur la vallée, servait de lieu
d’exécution. Les condamnés étaient jeté dans le vide, une des manière que les
tortionnaires avaient trouves pour économiser les balles de fusil. Certaines
façades, pourtant, portent les traces d’impacts de balles.
Une mousse rougeâtre recouvre chaque pan de mûr encore debout, ce qui donne un aspect mystique à cet endroit.
Le lendemain matin, on redescend par la
même route, mais ca va un peu plus vite. Epuisés après ces 2 jours de marche,
50km et 12 ou 13 heures au total, on se croyait au bout de nos surprise.
C’était sans compter sur le pick up qui s’est embourbé dans une énorme flaque
d’eau et qu’il a fallu pousser. Crevés, on s’écroule de fatigue à notre retour
à Kampot,
Pour ne pas trop tirer sur les jambes, le jour suivant, on se loue une moto pour visiter les grottes et les plantations de poivre de la région. Il paraît que le poivre de Kampot est réputé et vendu à prix d’or chez Fauchon.





















